Commune de Limoux

Une journée-type de carnaval

Une bande du dimanche ne sort que le dimanche, son dimanche, prévu dans le calendrier de carnaval.

 

Une seule sortie, dans l’année donc, peut être deux, si l’on ajoute celle, initiale, des Meuniers, et même trois si l’on compte, depuis quelque temps, celle de toutes les bandes. Bien sûr, à son goût, à son gré, le carnavalier acharné peut aussi se déguiser et participer, en goudil, à n’importe quelle sortie. Durant les trois mois que dure la fête, cela ne fera quand même pas de nombreuses exhibitions, surtout que…
Surtout que la sortie majeure, celle de la bande, demande un long travail préparatoire. Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est le choix du thème à développer lors de la sortie du matin qui consomme le plus de temps. Que de réunions sont nécessaires pour mettre tout le monde d’accord sur le scénario… Un vrai casse tête afin de déterminer l’époque, les tenues, les différentes scènes, etc. Heureusement, chaque rendez-vous permet au moins de déguster une coupe de bulles, Blanquette ou Crémant de Limoux.

En même temps, il faut aussi se préoccuper des carabènes, qui ne se font pas toutes seules. Un samedi matin, dès huit heures, le groupe se retrouve pour aller couper les roseaux, le plus souvent du côté de la mer où ils sont plus nombreux à avoir la taille idéale. Il faut qu’ils soient fins, mais pas trop, pour ne pas casser facilement en restant flexibles. C’est toute une initiation qu’il faut suivre afin de pouvoir transformer le roseau en carabène. Bien sûr il faut faire une pause et se remonter le moral. Pour cela rien ne vaut un éventail de charcuteries, du traiteur local, que l’on a pris soin d’emmener. Un verre de rouge, du pâté, une rondelle épaisse de boudin, une tranche de jambon de pays, un peu de saucisse sèche et un morceau de fromage pour finir. On peut maintenant rentrer au bercail avec les précieux accessoires car, que serait le carnaval de Limoux sans les carabènes ?

C’est l’occasion de se retrouver, plusieurs fois encore, pour, à l’aide d’un couteau bien affûté, enlever les restes de pelure sur les roseaux, les redresser en les chauffant à la flamme d’un réchaud, puis commencer à les habiller de rubans aux couleurs de la bande et d’un « plumet » en bout. A ce moment-là, ce ne sont plus des roseaux, mais pas encore tout à fait des carabènes, puisqu’elles n’ont toujours pas connu la place de la République, qui seront stockés à l’étroit dans un tube afin qu’elles conservent une certaine droiture.

Pendant ce temps, plusieurs membres de chaque bande du dimanche se sont retrouvés en fin de semaine pour fabriquer les entorches, ces lumières magiques qui dessinent des spectres ephémères sur les murs des arcades lors des sorties nocturnes. C’est toute une technique a apréhender et le savoir des anciens, transmis de bouche à oreille, fait encore merveille. Il faut équiper chaque bande avant le début des festivités.

Ceci étant fait, il faut passer aux costumes et aux masques. Selon le thème enfin décidé pour la sortie du matin, certains s’échangent les masques, alors que d’autres préfèrent en acheter de neufs. Pour celui du Pierrot, qui envahira les arcades aux sorties de 16 h 30 et 22 h, pas d’hésitation puisque c’est le même pour tout le monde, personnalisé par la pose de paillettes au gré de chacun. La bande peut décider d’en changer d’une année sur l’autre, mais en conservant pour chaque membre un masque identique.
Ultimes vérifications de l’état des cagoules, gants, costume du Pierrot bien rangé dans l’armoire après son passage au nettoyage lors de la dernière sortie, chapeau à paillettes, spécialement réalisé par la chapellerie d’Espéraza. Tout est parfait ; à nous deux carnaval !

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